Sujet publié le 31 août 2021 à 11h57
Laicité et capitalisme
 

En ces temps de fake news, thèses complotistes et débat sur la laïcité, sans doute la meilleure conférence de debunking du capitalisme.

 

Une video qui devrait amener à une réflexion salutaire (çà a été le cas pour moi) pour mesurer le chemin à parcourir vers un état laïque et prendre conscience de nos propres croyances religieuses.

 

A voir (et revoir) absolument.

 

 

Comme je ne suis pas sur que vous irez voir malgré tout et que j’ai la prétention de croire que vous me lirez, je vous livre mes notes.

 

Ouvrez les chakras, c’est parti !

 

La laïcité, c’est l’affirmation de la souveraineté du peuple contre le pouvoir qui empêche la liberté, l’égalité, la fraternité.

 

(Et non, la laïcité, ce n’est pas taper sur l’islam…)

 

Le pouvoir exerce son emprise contre la souveraineté populaire par le biais de croyances religieuses.

 

Il a fallu en finir avec la croyance de la royauté de droit divin pour fonder la république.

 

Il faut remettre çà !

 

Aujourd’hui encore, une religion empêche le peuple d’être souverain.

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L’effondrement de la vie politique a pour origine le fait qu’elle soit impuissante face au pouvoir économique.

 

Conquérir la souveraineté populaire passe par la souveraineté sur l’économie.

 

Des curés viennent d’ailleurs prêcher sur nos radios chaque matin. Il est de salubrité publique d’éteindre la radio (au moins) de 6h à 9h.

 

Voici les cinq croyances religieuses qui appuient le pouvoir contre la souveraineté populaire et qu’il faut séparer de l’état.

 

1- Le patrimoine génère de la valeur et donc doit fournir un revenu

 

La croyance en « c’est normal que si on est propriétaire, on en tire un revenu».

 

Pourtant, si un patrimoine génère des revenus c’est qu’il ponctionne de la valeur créée sur le travail d’autrui.

 

En aucun cas, un patrimoine ne génère de la valeur.

 

Seul le travail vivant génère de la valeur.

 

Le propre du capitalisme, c’est de faire travailler d’autres sur l’outil dont on est propriétaire ==> l’exploitation du travail.

 

Lorsque, propriétaire d’un appartement, nous le louons à autrui, nous ponctionnons la valeur créée par le travail d’autrui.

 

Il faut donc se battre contre la croyance de la légitimité de la propriété lucrative et la remplacer par la copropriété d’usage.

 

Par exemple, des élus salariés entre 1946 et 1961 ont été copropriétaires d’usage du régime général de sécurité sociale (équivalent du budget de l’état), sans en tirer aucun revenu et çà a parfaitement marché.

 

2- Le marché du travail

 

La croyance dans le fait qu’on n’a pas le droit au salaire à vie.

 

Ceux qui ne sont pas sur le marché du travail ne produisent pas de valeur.

 

Le salaire est un attribut du poste de travail, attribué par l’employeur.

 

Les autres (sans emploi) sont utiles mais ne produisent pas de valeur économique: les parents qui gardent leurs enfants, les retraités qui font vivre les associations, les conseils municipaux...

 

Les fonctionnaires d’état n’ont pas d’employeur, ils ont un salaire à vie.

 

Selon la croyance, les fonctionnaires dépensent de l’argent produit par d'autres, ils ne produisent pas.

 

L’antidote laïque à cette croyance est le salaire à vie comme matrice du travail.

 

Nous n’avons pas besoin d’employeur pour travailler.

 

Ne pas passer par le chômage n’est pas un privilège, c’est une conquête sociale contre la religion capitaliste.

 

Chômage et emploi sont le coté pile et le coté face de la même pièce.

 

L’alternative au chômage est le salaire à vie, il faut le généraliser à toute la population.

 

Nous ne sommes pas un peuple laïc, chaque fois que nous disons que les profs, les soignants dépensent.

 

3 - La nécessité du crédit pour financer l’investissement

 

Nous pensons qu’on ne peut pas se passer du crédit pour financer l’outil de travail.

 

Qu’il faut donc des investisseurs.

 

Pourtant, nous n’avons pas besoin de préteur pour financer l’investissement.

 

Démontage de cette croyance en quelques chiffres:

 

On investit 400 milliards (20% du PIB) par an (dont la construction d’immeubles).

 

Ces milliards nous sont prêtés (on croit qu’il faut qu’ils soient prêtés parce qu’ils le sont !!).

 

Le plus beau, c’est que le prêteur vient de nous les piquer —> Démonstration:

 

Nous produisons 2000 milliards dont:

 

1300 milliards de salaires/cotisations vont aux travailleurs.

 

700 milliards vont au profit (35%): propriétaires, actionnaires et prêteurs.

 

Sur ces 700 milliards:

 

300 milliards ne sont pas investis (dividendes et taux d’interêt, totalement parasitaires).

 

400 milliards nous sont prêtés (donc après nous avoir été piqués).

 

Nous pensons que les prêteurs abusent un peu, sont des salauds, mais qu’ils sont utiles.

 

Ben en fait, non.

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Accrochez-vous ! La monnaie n’est pas une réserve de valeur.

 

La valeur est dans les machines pour 5 ans (travail mort) ou elle s’évapore. La valeur est produite ici et maintenant. Elle n’est pas stockée non plus dans des titres financiers.

 

On a pourtant déjà inventé l’antidote au crédit: c’est la subvention de l’investissement par les cotisations sociales et les impôts .

 

Ex: les CHU créés dans les années 60 sans crédit.

 

Investir, c’est attribuer une partie de ce que nous produisons à l’entretien de l’outil de travail.

 

Si on est dans la merde dans les hôpitaux et les collectivités territoriales, c’est parce que nous croyons qu’il faut du crédit pour investir.

 

Nous pouvons généraliser et subventionner tout investissement, faire jaillir les PME, relancer les services publics.

 

4- La réduction du temps de travail par unité produite est la mesure de la productivité

 

La croyance en l’idée qu’il faut réduire le temps de travail par unité produite (aller plus vite) pour avoir des gains de productivité.

 

Tout le monde en souffre.

 

Croire que ce qui permet de comparer des objets, c’est le temps de travail qu’ils contiennent.

 

L’antidote est déjà là, la classe ouvrière s’est battue pour une autre mesure: la qualification du producteur —> convention collective.

 

Pour que le salaire ne soit pas mesuré comme prix de la force de travail sur un marché (le temps nécessaire à la construction des biens), mais la qualification du producteur.

 

5- La sécurité sociale comme solidarité

 

La croyance veut que ceux qui ne se soumettent à aucune des institutions du capital (les quatre déjà vues plus haut) ne produisent rien.

 

Que ceux qui produisent de la valeur ne consomment pas tout leur salaire car ils sont solidaires des autres.

 

Que les retraités bénéficient de la solidarité des actifs.

 

Lecture religieuse de la feuille de paye: c’est moi qui est produit mes cotisations, je ne consomme pas tout, je les verse à la solidarité.

 

Solidarité avec les retraités, les malades, familles, les chômeurs et prévoyance.

 

En réalité, ceux qui produisent du "non marchand" (fonctionnaires, retraités, chômeurs, parents, soignants) produisent évidemment de la valeur qui ne peut pas s’exprimer dans le prix des services qu’ils rendent (car ils sont sans prix).

 

L’impôt et la cotisation reconnaissent cette valeur et se retrouvent dans le prix des marchandises.

 

L’antidote à cette croyance existe donc, c’est la cotisation que l’on retrouve dans le prix des marchandises.

 

Conclusion:

 

La bataille laïque suppose de séparer l’état de l’église capitaliste.

 

Exemple: Nous formatons nos enfants pour les exigences du marché du travail —> Dieu à satisfaire, amen !

 

Exemple: Rituel religieux du CAC40 auquel on ne peut pas échapper et dont on n’a rien à faire.

 

Dans la deuxième video (partie questions/réponses), Friot (en 2015) est visionnaire sur ce qui arrivera aux professions libérales, à la Grèce. Il revient sur la notion de valeur. https://www.youtube.com/watch?v=oIdzo2HpRYk

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